Bouquet de fleurs sur un entablement
Marie-Alexandrine Olympe ARSON (Paris, 1814 - Neuilly, 1901)
Bouquet de fleurs sur un entablement
Vers 1841, signé en bas à gauche : Olympe ARSON / Élève de M. Redouté
Aquarelle et graphite sur vélin.
H : 94 ; L : 75 cm.
Exposition : Salon des Artistes Vivants, Paris, 1841, n° 49 : « Vase de fleurs. ».
Cette grande composition florale, réalisée entre 1835 et 1842, période très restreinte d'activité de l'artiste, déploie un bouquet foisonnant disposé dans un vase de pierre, où se mêlent avec virtuosité pivoines, tulipes, hortensias, myosotis et fleurs des champs. L'artiste y fait preuve d'une maîtrise exceptionnelle de l'aquarelle, jouant sur les transparences, les superpositions et les lavis pour rendre la délicatesse des pétales, la fraîcheur des feuillages et la subtilité des nuances chromatiques. L'équilibre entre abondance décorative et rigueur botanique confère à l'œuvre une présence à la fois scientifique et poétique, tandis que le fond sombre met en valeur l'éclat lumineux des fleurs.
Fille d'un marchand de cuirs, Olympe Arson devient l'une des élèves les plus reconnues du célèbre Pierre-Joseph Redouté. Ce dernier enseigne alors l'aquarelle de fleurs depuis 1824 au sein du Muséum d'histoire naturelle. La fugacité de la carrière de l'artiste ne l'empêche pas de déployer un talent remarquable qui lui vaut rapidement la confiance de son maître, au point qu'elle est appelée à le représenter comme déléguée dans le cadre de cet enseignement, situation exceptionnelle pour une artiste aussi jeune.
Particulièrement douée, elle obtient une médaille de troisième classe au Salon de 1835 à l'âge de 21 ans.
Son talent est ainsi reconnu par le commentateur de l'exposition d'objets d'arts et d'industrie de Valenciennes en 1835 : « Ce bouquet vrai et suave, d'une grande vigueur de ton, décèle chez l'aimable artiste qui l'a composé, un talent fort avancé. »
L'aquarelle que nous présentons, de grand format sur vélin, est une œuvre capitale de l'artiste, dont l'envergure est celle d'une œuvre destinée au Salon, à l'image de son Panier de fleurs sur un banc de pierre, présentée au Salon de 1839, de dimensions similaires. Arson démontre dans ces oeuvres l'étendue de sa technique et y déploie toute sa virtuosité. Notre bouquet pourrait ainsi corrrespondre à son Vase de fleurs présenté en 1841 sous le numéro 49.
Les travaux de l'artiste sont d'une extrême rareté, celle-ci n'ayant exercé publiquement que durant huit années, de 1834 à 1842. En effet, Olympe Arson abandonne brutalement sa carrière artistique prometteuse en 1842, ayant pour souhait de devenir religieuse et ce malgré les encouragements de la critique qui souhaite la voir continuer à produire de nouveaux chefs-d'œuvre : « Les Rémois admirent une grande et magnifique aquarelle représentant un vase de fleurs ; c'est une œuvre admirable de mademoiselle Olympe Arson […] cette jeune artiste, digne élève de notre célèbre Redouté, celle dont les ouvrages ont été vus avec tant de plaisir […] semble vouloir abandonner ce monde qui la recherchait et pour son talent et pour son amabilité : espérons que nous reverrons ses œuvres, et qu'elle ne persistera pas dans son dessein. »
Sans doute au grand dam du rédacteur, elle intègre finalement le couvent de Neuilly, dans l'Indre, sous le nom de sœur Marie-Archange, où s'écoulent les cinquante dernières années de sa vie. Elle continue toutefois sa pratique artistique en tant que professeur de peinture.